De cette longue nuit de conflits et de terreur en Ituri, le jour finira-t-il par poindre ?

Je viens de tomber sur un article que j’ai rédigé en 2007, publié dans la revue RCN Justice& Démocratie (voir l’article en entier plus bas); au sujet des conflits fonciers en Ituri et de la difficulté qu’avait la justice à occuper la place d’arbitre incontesté pour résoudre les problèmes des populations.

14 ans plus tard; c’est avec tristesse que je constate que le jour tarde à poindre. Comment?

Les conflits fonciers persistent et se compliquent. Aujourd’hui, les conflits fonciers en Ituri sont toujours un sujet très sensible, source de conflits violents entre communautés. Pire encore, le conflit a pris de l’ampleur et est devenu plus complexe. Alors qu’en 2007 les conflits fonciers étaient essentiellement une question entre les communautés DE l’Ituri (Hema, Lendu, etc.); en 2021 le conflit implique les communautés venues des provinces voisines (aussi connues sous le nom de JAJAMBO). Ainsi, les BANYABWISHA, NANDE, etc sont aussi impliqués/concernés/touchés par les problèmes fonciers, sécuritaires que connait la Province.

Des conflits environnementaux qui s’aggravent: depuis 2007, l’environnement est une nouvelle victime des conflits en Ituri. En 2012 les Okapi ont été décimés, les forêts de Mambasa disparaissent à vue d’oeil pour l’exportation du bois vers les pays voisin ou à cause de l’agriculture locale de papayes et de cacao destinés tous à l’export.

Un Etat de siège (gestion militaire de l’Ituri) pour faire ce que la justice et l’administration civile n’ont pas pu faire? (notamment contenir et régler définitivement les conflits {fonciers}): les différents groupes ethnique vivant en Ituri à ce jour parlent de la nécessité de créer des groupes locaux d’auto défense pour chaque ethnie: “puisque l’Etat, l’armée et la justice n’arrivent pas à régler nos problèmes et nous protéger effectivement, nous devons et allons le faire nous-même!!” disent certains.

Pourtant en 2007, personne ne parlait tout haut de groupes d’auto-défense. était-ce parce que certains anciens membres desdits groupes étaient aux arrêts ou traqués par la justice nationale et internationale? était-ce parce que les mémoires étaient encore fraîches des affres de la guerre de 1996 à 2003? était-ce parce que les populations avaient encore espoir, un espoir qu’elles auraient perdu aujourd’hui; à force d’attendre dans le noir?

Le fait est que depuis 2007, de nouveaux groupes armés à consonance ethniques ont vu le jour en Ituri, et que d’autres seraient en création.

En espérant que l’Etat de siège soit LA solution our une paix durable en ituri, pour une justice équitable, acceptée et accessible à tous; je me demander SI ce jour finira par poindre, ou si je vivrais suffisamment longtemps pour voir la fin de cette longue nuit qui recouvre ma chère Province de l’ituri.

19 Juillet 2021, Dingité

One comment

  1. Très touchée par ce mail et mon cœur se sent littéralement affligé Plaise à Dieu de continuer à nous prêter vie pour voir jusqu’où la province de l’Ituri peut en fin de libérer de ce cauchemar

    Envoyé de mon iPhone

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